Imaginez que vous êtes l’invité d’une conférence et que ce soir, vous parlerez de votre passion à laquelle vous dévouez tout votre temps libre et votre énergie. Vous savez aussi que ça ne va pas être évident, car dans votre auditoire, vous affronterez des adversaires coriaces à la rhétorique implacable. Je pense que tout comme moi, vous n’avez pas envie de vous faire manger tout cru.

Peut-être que vous avez même envie de comprendre comment les grands méchants loups de « On n’est pas couché » – une émission phare du samedi soir sur France2 – font pour déstabiliser leurs adversaires en leur faisant perdre la face. Mieux, peut-être que vous voulez analyser le problème pour éviter qu’il ne se reproduise dans votre vie de tous les jours, parce que des gens agressifs et autoritaires, il y en a partout !

Yann Moix (au centre de l’image) est un dur à cuire: écrivain très cultivé, il fait très bien son travail de journaliste, en allant chercher dans toutes les sources qu’il a à disposition. Il déclasse très vite ses invités de par sa manière de parler (position de supériorité) et sa qualité lexicale. Qu’on se le dise, si vous n’êtes pas vous même un Molière, vous avez très peu de chance de vous défendre contre un tel attaquant.

Il y a quelques temps, sur le plateau de « On est pas couché », Mathieu Kassovitz (à gauche, sur l’image) pète littéralement les plombs, entraînant dans son émoi Arash Derambarsh (à droite avec les lunettes). On peut le comprendre: à la 17ème minute, Yann Moix est d’entrée très incisif et lance une première attaque, par une comparaison avec Christophe Rocancourt et Mickael Vendetta, comprenez par là l’analogie entre un escroc et une lumière de la télé-réalité… pas très flatteur.

La conversation s’enflamme assez vite, regardez.

La technique de Yann est simple: il amorce une réponse combat-fuite chez Arash, en se positionnant en tant que prédateur. De cette façon, il déstabilise facilement son interlocuteur (les politiciens sont très forts à ce jeu).

Ensuite, il continue à bombarder ses remarques, jusqu’à créer un état quasi-irrécupérable chez Mathieu Kassovitz. Vous connaissez très probablement cet état vous même… vous savez, quand vous vous crêpez le chignon avec quelqu’un: ça commence tout doucement, ça monte en puissance et vous arrivez dans cet état irrécupérable, si bien que si vous aviez un couteau sous la main, vous pourriez presque tuer la personne en face de vous. Et il vous faudra plus de 20 minutes pour reprendre vos esprits. En anglais, on appelle ça «  Emotional Hijacking  »; c’est cet état émotionnel où l’on ne peut plus réfléchir de manière rationnelle, où l’on est possédé par ses émotions.

De son côté, Yann Moix, reste plutôt placide. Il y a une règle très simple en communication: la personne qui s’énerve «  perd  » la discussion. En effet, une personne qui s’énerve devient très facilement manipulable et n’est plus capable réfléchir de manière lucide. Yann le comprend bien, il sait qu’en «  chatouillant  » ses interlocuteurs, en les faisant perdre pied, il va renforcer son autorité et son statut de prédateur. Au final, tout s’enflamme au point d’interrompre l’interview, si bien que le livre n’est même pas présenté.

La prochaine fois que vous affronterez une personnalité « à la Yann Moix » dans la vraie vie, gardez votre calme, montrez que les attaques ne vous touchent même pas. N’essayez surtout pas de rabaisser la personne, ça serait rentrer dans son jeu. D’ailleurs, pourquoi est-ce que les critiques devraient vous toucher, vous êtes bien en dessus de tout ça, juste

Facile à dire, me direz-vous… Je n’ai jamais dit que ça allait être facile, amigo 😀, mais c’est pour ça que t’es sur ce blog, non

A bientôt