Partez.
Ne lisez pas la suite.
Spécialement si vous êtes pudiques, sensibles, bigots, ou que vous n’avez pas encore répondu au WhatsApp de votre maman d’amour. Le dernier évangéliste ayant lu cette histoire, déprime encore. On ne l’avait pas averti de la scène érotique à venir.

À quoi bon, vous allez vous mettre dans tous vos états. Partez…

On vous aura prévenus…

Ce soir-là, quand il rentre, Pana fume au pied de l’immeuble.
Une clope.
De rage aussi.
« Tchô », en le regardant à peine.
« Salut », répond-il, « Comment s’est passé ton rendez-vous ? »1Voir la partie 2
« D’la merde. Le gars n’a pas cessé d’me tenir des propos déplacés. »
« Explique-moi ! »
« Vous êtes des gros porcs les hommes », elle serre les dents, on aperçoit le muscle de la mâchoire se contracter. Requine. « T’veux une clope ? »
« Non, je supporte mal la nicotine », avoue-t-il.
« Première fois que j’entends une connerie pareille. T’es trop sage comme gars. »
Il demande, « Que se passe-t-il avec toi ? »
« Rien. »
Il s’approche pour l’enlacer.
Réconforter la belle, c’est ce que l’on nous apprend dans les films romantiques, dans le but de la sauter par la suite.
« Arrête de toujours vouloir me prendre dans les bras », elle ajoute, « ça m’saoule ».
Il la quitte, direction l’ascenseur, pour rejoindre l’attique.

Laissez une personne en compagnie de sa mauvaise humeur, ça lui permet de réfléchir et de s’exploser l’ego en trouvant des justifications à son mépris.

Quand il arrive, la coloc italienne larve sur le divan, en face d’une émission où des velines2Femme aguicheuse systématiquement présente sur les plateaux d’émissions italiennes. exhibent leurs dernières chirurgies.
« Ma ciaoooo »
« Ciao bella », il l’embrasse sur la joue, comme on le fait si bien en Italie.

Laissez une personne en compagnie de sa mauvaise humeur, ça lui permet de réfléchir et de s’exploser l’ego en trouvant des justifications à son mépris.

Il lui explique que Pana doit sûrement avoir ses règles. Ou son équerre, vue son humeur tordue.
« Ma noooo, elle a quoi ? »
« Je n’en sais rien, elle ne veut pas me parler. »
Pana entre dans l’appartement. Elle frappe la porte.
Sans un mot, elle va s’enfiler dans sa chambre.

« Enfiler », certainement le meilleur mot trouvé pour vous mettre dans l’ambiance de ce qui va suivre.

« Jé vais aller loui parler à ta Pana, jé vois que ça t’attriste. »
Les deux filles s’étaient connues à l’école d’art.
BFF. Best Fuck Forever.
Il les laisse entre elles et ressort.

Il songeait à un meilleur scénario pour cette dernière soirée chez Pana.

Pendant ce temps, elles parlent, parlent et reparlent. En tant qu’homme, on ne sait jamais ce qu’elles se racontent. On comprend mal ce lien solidaire qui lie les femmes entre elles. Toutes unies dans l’adversité. Girl Powa. Comme quand un homme approche un groupe de femmes, il doit séduire chacune d’entre elles, sinon c’est le râteau assuré.
Non, on ne comprend vraiment pas ce lien solidaire.

Il est venu le temps de reprendre l’ascenseur.
Lorsqu’il ouvre la porte, « Ah, tou es là. Jé crois qué vous avez des choses à vous dire, un bacione a voi due3Un gros bisou à vous deux ! », la latine s’éclipse.
Pana et lui sont seuls. Pas un bruit. Mouche qui vole.
« Hey », dit-elle.
« Hey », répond-il.
Sa voix a la douceur d’un papillon de soie.
Lui, « Que se passe-t-il avec toi, Pana ? »
« Rien ». Elle regarde dans le vide, les yeux baissés. Elle se met à pleurer, se réfugie dans ses bras et lui tape l’épaule avec le poing. « Reste ! Je n’ai pas envie que tu partes ! »
Il l’entoure de toute sa carrure et lui donne un baiser sur la tête.
« Je ne peux pas Pana, je me lance dans le projet de ma vie. »
« S’il te plait », avec une voix qui entoure ses yeux maintenant tout ronds. Il la serre encore plus fort dans ses bras et l’embrasse encore plus fort sur la tête.

Il met sa main sous le menton de Pana pour lui monter la tête. Son maquillage a coulé.
« Arrête de pleurer », il l’embrasse sur sa pommette rougette. Elle le fixe, ne décrochant plus d’une miette.
À présent, il se stoppe sur le creux de sa joue. Elle ne bouge pas. Le temps se fige, on entend juste un courant d’air se faufilant d’une fenêtre ouverte à l’autre.
Il lui fait un bisou au coin de la lèvre.

Chaque seconde devient une messe pascale. Dilatation du temps. Relativité. Début d’érection.

Il la touche au creux de la hanche, colle son nez contre le sien. Elle s’avance, faisant une moue. « C’est moi qui choisis ça », lui chuchote-t-il.
Elle fronce les sourcils. Il se rapproche de son oreille, d’une voix de Barry White, « Tu es belle, Pana ». Il glisse sa joue contre la sienne, arrive sur sa lèvre supérieure, qu’il pince avec sa bouche. Sa main descend au niveau de la cuisse, qu’il empoigne. Sa jambe vient faire un L autour de lui. Il la bloque contre le mur, la main plaquée contre la paroi.
Demi-crucifixion, mais en mieux.
Il se précipite sur son cou. Il la lèche au niveau de la salière4Creux au dessous de la clavicule, le « creux de l’épaule ». « Ton odeur… elle m’étourdit ! », elle sourit et l’encercle avec son bras de libre. Un souffle lui échappe, elle bascule la tête vers l’arrière en fermant les yeux. Il descend sur sa poitrine, couverte par son pull à grosses mailles.
« Attends ! », dit-elle. Elle se débat, le pousse en appuyant sa paume sur son pectoral. « Va t’asseoir ! », ordonne-t-elle.
Elle part à la cuisine.
Des tiroirs qui s’ouvrent et qui se ferment.
De l’eau qui coule.
Elle revient avec des bouts gluants et un verre d’eau. « J’veux que tu testes ça ». Elle ingurgite sa part, bois la moitié du liquide. Elle s’assied, une jambe de chaque côté de lui. Il ouvre la bouche, elle lui introduit un morceau.

« Introduit », certainement le meilleur mot trouvé pour vous mettre dans l’ambiance de ce qui va suivre.

Il la bloque contre le mur, la main plaquée contre la paroi.
Demi-crucifixion, mais en mieux.

« C’est dégueulasse ton truc », jette-t-il.
« Ne mâche pas trop et avale », elle lui tend le reste d’eau. Elle rit, s’incline ensuite vers lui. Ses cheveux tombent et chatouillent son visage. Il la prend par la nuque et la tire.
Smack.
« Tu verras, tu n’auras plus envie de partir de ta vie », lui glisse-t-elle avant de continuer, « Il faut juste attendre que ça fasse effet ». Il lui prend son pull au niveau de la ceinture. Elle lève les bras pour lui faciliter la tâche. Devant lui, il a deux merveilles, encore recouvertes d’un bout de tissu. Il met sa bouche sur le galbe de ses seins et décroche son balconnet.
« Aie », crie-t-elle au moment où il mordille son téton.
Elle lui enlève son T-shirt.
Torses nus.
Il la soulève, ses mains sous ses fesses et la retourne sur le sofa. « Je veux te sentir contre moi », murmure-t-il.
Il se frotte à elle.
Torse contre torse.
La main de l’homme file dans le jean de la femme. « De la dentelle », son string est humide de médecine sacrée5Dans les anciennes écritures d’Ayurveda, Tantra et même Taoists l’éjaculât féminin est considéré comme médecine sacrée. Voir Amrita par exemple..
Petit Bartholin a pleuré d’émotion6Appelée aujourd’hui «  glande vestibulaire », la glande de Bartholin sécrète la cyprine..
Elle lui rend la pareille, glissant sa main dans son pantalon. « Et toi, un boxer en coton »

Il découvre son intimité, sa toison d’or gasmique. D’abord ses lèvres externes, qui ont gonflé à la vitesse d’un mâle7Le tissu érectile chez la femme est présent en même quantité que chez l’homme.. Puis son capuchon. « Guide-moi », lui susurre-t-il dans le creux de l’oreille. Il lui caresse son bouton en faisant des ronds carrés.

Sa respiration s’accélère, sa vulve, congestionnée. Il va maintenant sur ses lèvres internes. « Mmmmhhh », ses muscles se tendent. Elle se penche vers l’arrière et soupire.
« Hen », c’est sa façon de communiquer.
Il revient sur son capuchon. À chaque pression, sa jambe tremble. Elle respire comme si elle venait de tirer les quatre cents coups.
Il s’interrompt, « Tu t’emballes un peu il me semble ».
Elle le regarde, s’agrippe à sa nuque et l’embrasse.  « Mhh », chantonne-t-elle.
« Je me sens tellement léger », reprend-il.
Elle rétorque,  « Ca commence à faire effet », et enchaîne, « Tu verras, dans un moment, t’auras changé de dimension ! »

Il lui enlève le jean et le string en un seul mouvement, en glissant son pouce le long de son bassin.

Une astuce apprise en cours de catéchèse.

Elle fait de même. Il descend gentiment sur elle, lui faisant des bisous dans le cou, sur chaque sein, sur la ligne de ses abdominaux, puis son nombril. Elle laisse évader un « hiin », puis, « Tout est rose et bleu bordel, c’est bon ».
Il enchaîne dans son doux parfum musqué, jusqu’à ce que les spasmes s’intensifient, jusqu’à ce qu’elle l’étouffe avec ses jambes, l’étranglant à la manière d’un étau autour de sa tête.
« Viens MAINTENANT ! », hurle-t-elle.
Lui, la prend violemment.
Elle, s’abandonne.
Il lui dit, « J’ai envie de m’envoler avec toi ».
Elle rigole, « Tu grossis et rétrécis dans mon monde », et ensuite, « T’arrête pas ! », en plantant ses ongles dans son dos.

Ils font ce qu’ils ont à faire, dans un joyeux festival humide et sonore.
La petite mort8L’orgasme, voir ici., amplifiée par les psychotropes.
Ils sont tous les deux nus et transpirants, dans les bras l’un de l’autre. Il ont gardé un peu d’énergie pour se câliner. « Merci » se disent-ils mutuellement.

La gratitude, ce que l’on ne nous apprend pas dans les films romantiques, après avoir sauté la belle.

Il se lève en tenue d’Adam, « Je me sens tellement léger ! », et fait battre ses bras comme pour s’envoler, la nouille à l’air.
« Pana, regarde, je suis un oiseau ! »
Elle s’époumone, « Et moi une naine géante bleue, hahaha ! »
« Pana, regarde, je suis un aigle ! », il se place au fond de la pièce, comme pour s’élancer. Il se met à courir, délivrant le sprint de sa vie, enjambe la fenêtre et hurle « Je vooooollllleeee ».

La grande mort.

Ce soir-là, on entendit Pana hurler toute la nuit.