Voilà plusieurs semaines que je m’entraîne à lire le langage corporel des gens. Je deviens plutôt bon, j’ai développé une certaine « conscience sociale »: j’arrive à deviner le déroulement d’une situation, je remarque quand une fille et un mec flirtent et quand quelqu’un ressent une émotion. Une pupille qui se dilate, un nez qui gratte soudainement. Il y a tellement de micro-expressions qui trahissent un visage, de macro-mouvements qui en disent plus sur une personne que ce qu’elle veut laisser paraître. Ca m’éclate tous ces canaux cachés, j’ai l’impression de passer derrière la matrice.

Si lire le langage corporel devient de plus en plus aisé, je n’arrive toujours pas à accorder mes mouvements comme je le voudrais. Un manque de congruence entre l’image que je veux renvoyer et celle qui est perçue. J’essaie de paraître cool en ayant une pause détendue, mais mon pied n’arrête pas de bouger ou ma voix est trop aïgue.

J’essaie de paraître cool en ayant une pause détendue, mais mon pied n’arrête pas de bouger ou ma voix est trop aïgue.

J’ennuie les gens quand je parle: ils décrochent du regard, tournent la tête, croisent les bras. Ce que je cherche, c’est tout le contraire: être hypnotique, savoir retenir l’attention et surtout les amener où je veux.

En réfléchissant, la communication entre deux personnes se passe de manière assez robotique. Je dis quelque chose, qui entre dans l’oreille/oeil de mon interlocuteur. Cette information est traitée, provoque une réaction et une réponse. Voilà, un bête système d’Input/Output.

Enfin…  l’être humain est plus compliqué qu’un ordinateur. Il m’arrive de faire des jeux de mots, des gags qui provoquent chez mon interlocuteur un blocage, plutôt que de le détendre. Les filtres sociaux, le cadre social ou même les hormones peuvent déformer un message. Input/Output devient plutôt un méli-mélo à l’Output incertain. Mais tout n’est pas si aléatoire.

La science nous montre qu’il est possible d’influencer les gens,  notamment par la composante non-verbale. Mais si j’arrive à transmettre ma bonne ou mauvaise humeur, quelle est la probabilité que l’humeur de la personne en face de moi me soit transférée 

Je suis un peu perdu, avec toutes ces informations. Cependant, je décide de travailler cette fois-ci sur mes émotions.

Je décide de travailler cette fois-ci sur mes émotions. Avant d’influencer, il faudrait être capable de les détecter.

Avant d’influencer, il faudrait être capable de les détecter. Colère, joie, tristesse. Je les identifie. Quand je suis en colère, mon plexus se serre.

Dissociation corps/esprit. Voilà le genre de conneries auxquelles je n’aurais jamais cru 4 ans auparavant. Suis-je en train de tourner la boule  « Être à l’écoute de son corps », encore une théorie d’allumé à la mord-moi-le-noeud. Woodstock. Dalai-lama. Temple-solaire. Je dois faire attention à ne pas virer schizo. Bref, j’essaie tout de même. C’est un peu comme la cocaïne, à dose raisonnable, ça n’a jamais tué personne.

Voilà ce que j’ai en tête: si j’arrive à identifier mes émotions assez tôt, je contrôlerais le résultat d’une discussion. Je pourrais accorder mon body-language. Peut-être même me forcer à prendre un autre état  Passer de triste à heureux en l’espace de quelques secondes 

Voilà de quoi faire évoluer mon personnage. Je ne vais pas aller gueuler sur les toits ces techniques de changement d’émotions, on va me prendre pour un taré.

To be continued…