Ce matin, j’ai la tête dans les choux. Comme la gueule de bois. Je me sens un peu comme le 1er de l’an, lorsque l’on prend les bonnes résolutions de l’année. Il ne s’agit pas d’être plus ordonné, ni de perdre du poids. Je veux parler avec aisance. Influencer. Ne plus me laisser marcher sur les pieds.

Quand j’étais plus jeune, je me faisais racketter. Dans un groupe, j’étais celui qu’on voulait taper. La vie est mal faite. Injuste. Une « connaissance » m’a dit une fois: « Ton visage de débile, ta lenteur et ta maladresse me donnent envie de te taper ». Ce n’était donc pas mes paroles, mais ma façon de me comporter, qui attirait les foudres. J’avais entendu que « la chance se provoque », mais la malchance semblait suivre la même maxime.

Body language – langage corporel. Voilà la solution ! Je me mets à dévorer le livre de Barbara Pease. A moi l’argent, le sexe et le pouvoir ! Tellement facile en plus. On tient la main vers le bas pour affirmer son autorité lors d’une poignée de main, on regarde bien intensément dans les yeux pour leur faire peur. Doigts qui se touchent, coudes posés sur la table pour paraître intelligent. Surtout, on ne croise jamais les bras, ni les jambes.

Tellement d’informations à appliquer, mais encore faut-il reconnaitre tous ces détails sur les autres. Mes terrains de jeux favoris deviennent les parcs, les restaurants, mais aussi les soirées en tout genre. Il m’arrive de manger seul, j’observe les gens et les dynamiques de groupe depuis ma table.

Chaque partie du corps donne des indications. La direction des pieds, du buste. L’intensité de la voix. Certains décrochent souvent le regard, d’autres le tiennent fixes. Certains se grattent le bras quand ils parlent, d’autres n’arrêtent pas de sourire bêtement, renvoyant le message d’une personne « inoffensive », voire soumise. Si je commence à reconnaître certains « patterns » parmi mes cobayes, quand j’essaie de les appliquer, quelque chose cloche. Bien que je fasse attention à mes mouvements, je renvoie une image de faux-semblant. Une incongruence entre mon corps et mon esprit se fait sentir, comme un morceau d’époisse qui serait resté trop longtemps au soleil.

La théorie ne suffit pas. Tout ce que j’ai appris, quand j’essaie de le mettre en pratique, c’est pire qu’avant: les gens se fâchent, me prennent pour un détraqué quelques fois. Certains deviennent très menaçants. Mes gestes clochent et dérangent. Mais je vais tout mettre en oeuvre pour résoudre ce problème…

… To be continued