Il pointe son arme sur ma tempe.

« Dans dix secondes tu vas mourir. »

« Dix »
Je me mets à hurler. Je ne veux pas en finir avec cette vie. Ca ne peut pas, pas maintenant. Je suis trop jeune.

« Neuf »
Je repense à comment je suis arrivé dans cette situation. Comment vais-je m’en sortir

« Huit »
J’ai pas envie de mourir maintenant. J’ai encore tellement de choses à accomplir, de projets à réaliser. Je dois encore voyager, découvrir de nouveaux territoires, de nouvelles cultures.

« Sept »
Si seulement j’avais d’avantage profité de ma vie. Si seulement j’avais travaillé moins dur. Si seulement j’avais arrêté d’écouter ce que la société me dictait pour suivre mes propres convictions. Si seulement j’avais arrêté de plaire à tout le monde.

« Six »
Pourquoi ai-je perdu du temps dans toutes ces futilités ? Pourquoi étais-je si aveugle, au point de ne pas voir la chance que j’avais ? Le pognon m’a aveuglé, je suis riche, mais bientôt mort.

« Cinq »
Pardon. Pardon d’avoir tiré profit de vous. Pardon de ne pas vous avoir écouté. Pardon d’avoir fait semblant de ne rien voir. Pardon d’être un fayot.

« Quatre »
J’ai envie de dire à tous ces gens combien ils ont compté pour moi. Toi la caissière, toi mon collègue, toi mon ami.

« Trois »
J’aurais dû lui dire plus souvent « je t’aime ». Que sans elle ma vie n’est rien. Je regrette de l’avoir fait souffrir. Quel connard j’ai été.

Je me mets à sangloter.

« Deux »
Je pense à la vie que je ne vais pas avoir. Cet enfant que j’aurais élevé. Cette vieillesse que j’aurais partagée à leurs côtés.

« Un »
J’aurais simplement dû m’autoriser à être heureux. J’ai refusé ce choix que la vie m’offrait.

« Zero »
Je ferme les yeux…